Villeurbanne 2022 #4 : Jean Bellorini, le théâtre, la société, la vie

Première capitale française de la culture, Villeurbanne mobilise toutes les énergies au service de la plus belle des causes : la vitalité culturelle. Quatrième épisode : entretien avec Jean Bellorini, directeur du TNP et ardent défenseur de la scène locale.

Jean Bellorini, directeur du Théâtre National Populaire de Villeurbanne depuis 2019, est un jeune metteur en scène qui a déjà à son actif deux passages remarqués au festival d’Avignon, où il a signé Karamazov, adapté du roman de Dostoïevski, et le tout récent Jeu des Ombres de Valère Novarina, repris à Villeurbanne.

Ce qu’on sait peut-être moins, c’est combien, à l’occasion de ses créations, il est engagé auprès des publics, dans une démarche de « démocratisation » (faire venir l’offre artistique au plus près de tous les publics), mais aussi de « démocratie » (être attentif à l’expression culturelle des habitants sur un territoire donné).

Il revient pour nous sur la place particulière du TNP au sein de l’écosystème de Villeurbanne 2022, capitale française de la culture, avec pour unique mot d’ordre : place à la jeunesse !

Jean Bellorini, vous avez dirigé le Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis, de 2013 à 2019, dans une ville populaire et bouillonnante où le théâtre devait se faire une place. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Au Théâtre Gérard Philipe, mon plus grand combat était celui de faire franchir aux Dionysiens les portes du théâtre. Cette lutte a été quotidienne, complexe, nécessitant du temps, de la présence, de l’intuition et de l’écoute. Nouer des liens avec les habitants de la ville et de la Seine-Saint-Denis a impliqué un travail sur-mesure et non des recettes toutes faites. Sans jamais renoncer à la qualité des spectacles proposés, j’ai tâché de tenir l’équilibre entre mission artistique et rôle social. J’ai été porté en retour par l’énergie et la vitalité de ses habitants, fiers de leur appartenance à une ville de banlieue multiple, complexe et donc riche.

Quelle a été votre initiative la plus marquante à l’égard des habitants de Saint-Denis ?

Le projet le plus fort et le plus durable a été l’invention de la Troupe éphémère, née du désir de m’engager pleinement auprès du public adolescent. Dès ma première année au TGP, j’ai formé une troupe composée d’une vingtaine de jeunes amateurs âgés de 13 à 20 ans, habitant Saint-Denis et ses environs. Nous avons présenté des textes de Jean-Pierre Siméon, de Sophocle, de Shakespeare ou de Pauline Sales.

[…]

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Publié le 18.02.2022

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Villeurbanne bénéficie du label « Capitale française de la culture » pour l’année 2022, un projet piloté et financé par le ministère de la Culture avec le soutien de la Caisse des Dépôts.