Avant-première de Maîtres de Swen de Pauw

Projection en présence de l’équipe du film et de Eloïse Cadoux et Anne-Caroline Vibourel, avocates, co-présidentes de la Commission Droit des Étrangers du Barreau de Lyon.

Lundi 18 octobre, 20h30

Maîtres (2021, France, 1h27), de Swen de Pauw
Christine Mengus et Nohra Boukara sont avocates. Elles sont spécialisées en droit des étrangers, un des domaines de leur profession en proie à des difficultés toujours plus nombreuses. En huis clos dans le quotidien de leur cabinet, restitué avec les moyens du cinéma direct, se développe un récit inédit sur la problématique des réfugiés et des migrations. « La justice c’est une machine qui balaye ce qui dépasse de la norme et en particulier les petits. C’est bien beau de dire que nul n’est censé ignorer la loi, mais la plupart des gens ignorent leurs droits. L’enjeu, il est là ».

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Projection en présence de l’équipe du film et de Eloïse Cadoux et Anne-Caroline Vibourel, avocates, co-présidentes de la Commission Droit des Étrangers du Barreau de Lyon, dans le cadre de la semaine de l’hospitalité.
SOIRÉE DE LANCEMENT DES RENCONTRES IMAGES MIGRANTES
http://traces-migrations.org/…/21/images-migrantes-2021/

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Dans son Divan du monde (FID 2015), Swen de Pauw avait posé sa caméra dans l’antre de Georges Federman, psychiatre non conformiste haut en couleurs exerçant à Strasbourg, et dans son cabinet résonnait la douleur de vivre. Pour cette nouvelle investigation consacrée aux institutions, Maîtres nous plonge à huis-clos dans un cabinet d’avocat au sein de cette même ville. On y retrouve Christine Mengus et Nohra Boukara, spécialisées en droits des étrangers, épaulées par Audrey Scarinoff et leurs collaborateurs.Les récits des multiples cas, attristants, atterrants ou tragicomiques, s’intercalent avec le quotidien de l’exercice juridique.


Et au fil des entretiens captés par bribes, évoquant entrée ou sortie irrégulière, interdiction de territoire, droit de séjour ou d’aide médicale, éclatent à l’écran les drames prévisibles, la précarité administrative ou sociale induite par leur situation, des vies suspendues aux décisions judiciaires. Avec, en creux, l’absurde et les aléas des rouages et des verdicts, où s’intriquent la complexité des réglementations – pénales, civiles, administratives, communautaires, ou liées au droit du travail-, labyrinthes dans lesquels se débattent leurs clients.

Swen de Pauw dépeint un double portrait, des justiciables et de leur avocates, loin des scènes et de l’emphase des prétoires. Pas de plaidoiries, mais un quotidien fastidieux, besogneux et ingrat avec piles de dossiers, stratégies à mettre en oeuvre. Se joue là un autre théâtre, celui de cette petite communauté à l’oeuvre : des juristes opiniâtres et déterminées, malgré les embûches aperçues ici ou là. Vision âpre, mais non dénuée d’humour, du travail, de l’espace du droit vu de l’intérieur, luttant avec ses contingences, contre ses absurdités, ses dysfonctionnements sans omettre les préjugés en embuscade.

Avec Maîtres, Swen de Pauw porte un regard attentif et généreux sur cette courageuse petite troupe de femmes au front. (Nicolas Feodoroff)

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